Les Incantations du Diable, les bannières des esprits, les consécrations et la magie des Capucins..

✠ Post in French / Post en Français ✠

[Ger] Die Teufelsbeschwörungen, Geisterbannereien, Weihungen und Zaubereien der Kapuziner oder Darstellung des himmelschreienden Unsinns und Aberglaubens, den diese hl. Väter im 19. Jahrhundert zum Hohn alles gesunden Menschenverstandes und um ihre Beutel zu füllen, mit dem Volke treiben: aus dem lateinischen Benedictionale gezogen ud übersetzt Volume 1.

[Fr] Les incantations du Diable, les bannières des Esprits, les consécrations et la magie des Capucins ou la représentation de l'absurdité (du non-sens flagrant ) et de la superstition que ces saints pères du XIXe siècle conduisent avec le peuple pour se moquer de tout bon sens et pour remplir leurs sacs: tiré de la Bénédiction latine et traduit - Volume 1.

[En] The Devil's incantations, the banners of the Spirits, the consecrations and the magic of the Capuchins or the representation of the absurdity (of blatant nonsense) and the superstition that these holy fathers of the nineteenth century lead with the people to make fun of all good sense and to fill their bags: taken from the Latin Blessing and translated - Volume 1.

- Auteur / Author: Père / Father Franz Sebastian Ammann
- Editeur / Publisher: C. A. Jenni, Sohn.
- Langue / Language: Allemand / German
- Folio: 58 pages
- Date: 19è siècle / 19th century
- Périod(e): Milieu / Mid 19ème siècle / 19th century
- Première Parution / First Publishing : 1841
- Lieu de Publication (Place): Bern
- Signature /Shelfmark : H.mon. 631-9 + Hom. 47 t-4/5

Un livre imprimé en 1841 relatant toute une série de secrets des bénédictions et autres prières 'magiques' des Capucins. L'auteur est visiblement enclin à une certaine forme de moquerie et scepticisme à l'égard de ces derniers, préférant penser qu'ils pratiquaient essentiellement pour l'argent, tout en abusant le peuple, ce qui n'était peut-être pas entièrement faux..

A book printed in 1841 chronicling a whole series of secrets of the blessings and other 'magical' prayers of the Capuchins. The author is visibly inclined to some form of mockery and skepticism towards them, preferring to think that they practiced mainly for money, while abusing the people, which was perhaps not entirely false..


Toutefois, l'auteur s'est appliqué à traduire et à retranscrire un bon nombre des pratiques secrètes des Capucins en allemand. Comme vous pourrez le lire ci-dessous, l'auteur ne ménage pas le lecteur quant à l'image qu'il dépeint d'un grand majorité des Capucins.  

Voici la traduction en Français de l'Avant Propos (Vorrede) contenu dans l'ouvrage:

"Les pères Capucins fervents, connus dans le monde entier comme dévots invocateurs du Diable et dispensateurs de bénédictions, où les bénédictions sont toujours riches et bouillonnantes (Il reste des canaux de grâce (peuple) qui les enrichissent, et ils se moquent au détriment du peuple trompé dans leurs fameux mensonges et leurs écritures manuscrites) parce qu'ils pratiquent la superstition avec les bénédictions. Cette négation sans vergogne et vilaine, qui est si caractéristique des seuls moines rejetés, dans une mesure aussi illimitée, m'a amené à prendre et à tracer leurs formules de bénédictions et d'incantations. Comme il me fut impossible et qu'il n'était pas nécessaire de donner ici toutes les bénédictions dont le nombre s'appelle Légion. Je n'ai donc traduit que les plus ordinaires et les plus utiles, telles que celles que les Capucins utilisent dans leur vie quotidienne pour tromper le peuple. Je les ai traduites fidèlement et j'ai donné les notes et les rubriques correspondantes. Les pères qui ne comprennent pas le latin et ne savent donc pas ce qu’ils ont fait en bénédictin seront reconnaissants de mes efforts. Ceux qui comprennent la mastication des Romains et des moines avoueront que j'ai traduit fidèlement".

"À partir de ces bénédictions actuelles, la décision est prise pour chaque lecteur raisonnable (et c'est l'intention qui m'a amené à traduire et à publier ces bénédictions) si les Capucins l'utilisent dans tous les cas. Superstition ou pas. Si de telles formules de bénédiction et d'obéissance ne reposent pas sur la base la plus flagrante de la superstition,  alors le mot "superstition" devrait être supprimé de toutes les langues, de tous les mots conceptuels, de toute dogmatique et de toute moralité".

"Je m'abstiens de tout jugement des saints pères, qui utilisent ces bénédictions et ces incantations et font appel au lecteur rationnel à plusieurs reprises.

"Si ces derniers ne peuvent être dissuadés de croire que les invocations Capucines sont religieuses, carrément chrétiennes, utiles et salutaires, ils pourront désormais les entreprendre dans leur propre esprit, et épargner les dons de graisse aux pères pour son ménage, car les démons et les troupeaux respecteront les paroles actuelles du pouvoir de sa bouche et de celle des Capucins, dit saint Paul".

"Il est explicitement dit dans les Saintes Écritures qu'il existe une famille de démons (et ce sont les plus têtus et les plus méchants) qui ne peuvent être chassés que par la prière et le jeûne, dont les moines ne sont pas connus pour être amis ; ainsi, ils ne sont tout simplement pas en mesure de chasser le pire".

"Par cette traduction, je crois donc que j'ai rendu du mérite à l'homme du commun, parce que je lui laissé ainsi entre les mains le mystère lucratif des saints pères et de la pierre philosophale. Même entre ses mains, les bénédictions devraient toujours rester des canaux de grâce bouillonnants et riches, si jamais elles ne pouvaient être aussi superstitieuses et ridicules, car le christianisme est une propriété commune dans toutes les parties et relations, et ne connaît aucune race sacerdotale à laquelle seuls les secrets, la magie, les arts et les oracles seraient confiés".

"J'espère cependant que le lecteur chrétien ne trouvera dans ces bénédictions et incantations aucun secret de Dieu ni moyen chrétien de soulager les plaies et les souffrances naturelles, ni même de chercher, mais de reconnaître le tout comme pitrerie et fraude et de le rejeter avec dégoût". 

"Pourquoi creuser pour trouver des trésors cachés là où il n'y en a pas ? Pourquoi recourir à des moyens surnaturels, où naturel suffisant et qui sont à notre disposition ? La superstition est le déshonneur de la nature humaine parce qu'elle est le fruit du caractère déraisonnable. L'homme qui sent sa dignité ne doit donc pas pouvoir servir la superstition, ni être égal aux sauvages, dont les pensées ne vont pas plus loin que les sens, et aux êtres immédiatement supérieurs, s'ils ne peuvent expliquer un phénomène naturel".

Je reproduis ici les quelques illustrations magiques, ainsi que quelques secrets détaillés dans l'ouvrage, traduits en Français.

Conjuration (Bénédiction) de l'Eau Bénite:

"Je vous conjure créature d'eau, au nom de Dieu † le Père Tout-Puissant, au nom † de Jésus Christ de son Fils notre Seigneur et par le pouvoir de Saint Esprit † que vous deveniez de l'eau consacrée et toute la puissance de l'ennemi diabolique et de l'ennemi diabolique lui-même avec ses esprits renégats, vous repousserez et chasserez par la puissance du même Jésus-Christ notre Seigneur, qui viendra juger les vivants, les morts et le monde par le feu. Amen".

Bénédiction contre les souris, les sauterelles, les vers, les serpents, les coléoptères, les plantains et autres animaux nuisibles.

Bénédiction d'une maison.

Bénédiction des pièces (monnaie) bénédictines*.

Invocation contre le diable.

"Diables maudits et damnés, par le pouvoir des mots: Messias, Emmanuel, Sabaoth, Adonaï, Athanatos, Ischyros et Tétragrammaton, nous vous lions, nous vous captivons et nous vous chassons de tout lieu et maison où ce Pfennig* est déposé. Et plus loin, nous vous ordonnons que vous n'avez pas le pouvoir de blesser les corps des habitants par la peste. Allez, maudits, dans l'étang de feu ; ramollissez-vous dans votre abîme et ne vous réjouissez plus de venir ici. Ainsi Dieu le Père vous l'ordonne †, Dieu le Fils † et Dieu le Saint Esprit †. Ainsi, diables damnés, cédez au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, qui viendra, pour juger les vivants et les morts et du monde par le feu. Amen".

Note: Voici le sou bénédictin avec la consécration par l'eau aspergée.

* Le pfennig était une subdivision du Deutsche Mark et des monnaies allemandes antérieures.

Bénédiction de la poudre à canon, des balles de plomb et de fer et des armes de guerre.

Bénédiction (contre) des orages, du tonnerre, de la foudre et la grêle. (Cf. Libellus Gertrudis)

Bénédiction contre le maléfice des couples mariés ou contre les obstacles que le diable fait dans le mariage.

L'Exorcisme pour expulser le maléfice sous les animaux dans les écuries.

Bénédiction du lait, du beurre et du fromage et autres aliments qui sont infectés par le maléfice.

Conjuration des autres comestibles (nourriture).

Expulser le diable d'une personne possédée (Exorcisme).

Remède contre la Peste (Cf illustration ci-dessous)

Contre la peste, le signe suivant est dessiné sur un papier et fixé aux portes de la maison et de la grange.

Chacune de ces lettres a une signification particulière et le signe est exactement copié selon un (manuscrit) Bénédictin Capucin.

Characterum contra Pestem.

Effet de ces tracts miraculeux.
Le Bénédictin du Saint V.V Capucin raconte littéralement ce qui suit: Le vénéré évêque de Salamanque, Franz Sololas, témoigne qu'en 1546 au Concile de Trient que pendant le même Concilio une peste cruelle se déclara, qui qu'ils furent transférés à Bonoriam, tandis que Leonardus évêque et patriarche se retrouva à Antioche, et donc que si un tel bracelet en argent était porté sur le bras droit, sur lequel ces lettres copiées seraient gravées ; ce dernier dit qu'il utilise ces signes comme un certain remède contre la peste, qu'il trouva (cette note dans un trou) dans le monastère S. Bénédictines dans la bibliothèque à Antioche, ainsi laissé par le saint évêque Zacharie à Jérusalem, avec leurs interprétations, significations, prières et invocations. 

Ces lettres furent portées par tous les cardinaux et évêques d'un même Concilio. Et c'est donc un remède évident à la souffrance. Et ainsi, si un remède évident pour la dépendance douloureuse a été reconnu, il n'y avait (cependant auparavant) personne qui les portées, ainsi, plus de 20 évêques, d'ordre et généraux furent infectés par la mort, avant même l'invention de cette dernière (note).

Un moine religieux pieux avait également indiqué qu’au moment de la mort de Constantinople (Peste), il mourait chaque jour tellement (d'hommes) qu’on ne pouvait pas enterrer les morts. Alors il fut révélé à un saint homme : Si ces lettres étaient écrites sur une porte, les habitants de celle-ci seraient à l'abri de la peste.

[SOURCES]

Die Teufelsbeschwörungen, Geisterbannereien, Weihungen und Zaubereien der Kapuziner oder Darstellung des himmelschreienden Unsinns und Aberglaubens...Volume 1.
Christoph Friedrich Grieb - A Dictionary of the German and English Languages, Volume 1 & 2. (1847-1894)
Bayerische StaatsBibliothek Digital: H.mon. 631-9 + Hom. 47 t-4/5